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Samedi
14 août 2004,Cap Brun, Toulon.
Mes
responsabilités municipales me retiennent à Orange
et ne me permettent donc pas d'être parmi vous ce soir.
Mais je suis avec vous par le cur, et de tout cur
je vous l'assure.
Il
y a 60 ans, La Provence voyait débarquer sur son sol
des soldats français qui venaient pour la reconquête
de la Patrie occupée. Les Provençaux eurent l'agréable
surprise d'être libérés par une armée
française bien équipée, organisée
et courageuse. Après quatre années d'occupation
et des conditions d'armistice empêchant, théoriquement,
la reconstitution d'une quelconque formation militaire d'importance,
comment se faisait-il qu'une telle chose fût possible
?
C'est le miracle de l'Armée d'Afrique. Miracle, mais
aussi le fruit du travail, de l'habileté et de la détermination
de quelques généraux d'exception comme Weygand,
de Lattre ou Giraud qui ont pu préserver et reconstituer
cette Armée d'Afrique, derrière le bouclier protecteur
de la métropole.
A l'instar des historiens honnêtes, il faut bien remarquer
que le Général De Gaulle n'a eu aucun rôle
dans cette épopée de l'Armée d'Afrique.
N'étant pas "sa chose", il gardera toujours
une grande défiance vis-à-vis de cette Armée
et de l'Afrique du Nord en général, comme les
événements le montreront 20 années plus
tard. Les chefs de l'armée d'Afrique le lui rendait bien.
Weygand, Giraud, de Lattre, le Pied-Noir Juin et d'autres encore,
n'ont jamais été très gaullistes
Voilà une première vérité historique
qu'il faut rappeler ici.
La seconde, qui dépasse le cadre de 1944, est que l'Armée
d'Afrique était, dans son immense majorité, constituée
de Pied-Noirs et d'Arabes fidèles à la France
qui deviendront plus tard les Harkis. Ces hommes ont payé
un lourd tribu à la Libération de la France. Après
les combats de 1944-1945, ils sont restés fidèles
et ils étaient fiers d'arborer les décorations
françaises qu'ils avaient gagnées au feu.
Mais tout le monde ne l'entendait pas de cette oreille
Il y eu novembre 1954, la Toussaint rouge, qui ouvrait dans
le sang l'ère de la rébellion fellouze, avec ses
crimes, ses massacres et ses horreurs. Les Harkis seront, une
fois encore, en première ligne. Mais cette fois-ci, par
la volonté d'un homme et de sa clique, ils seront en
première ligne désarmés et impuissants,
voués à l'abattage, à l'emprisonnement,
à la torture et à l'assassinat.
Ces crimes ont été commis par les criminels du
FLN, organisation dont Abdelazziz Bouteflika faisait et fait
encore partie. Voilà pourquoi, il est ignoble et monstrueux
que cet homme soit invité par les autorités de
la république à venir rendre hommage à
ceux qu'il traite, aujourd'hui encore comme des parias en Algérie.
Mais je dois ajouter qu'il est tout aussi scandaleux que ceux
qui se disent les héritiers du gaullisme soient eux aussi
présents. N'est-ce pas De Gaulle et ses amis qui ont
protégé et couvert les assassins et qui ont empêché
les Harkis de se défendre ou même de fuir ?
C'est cette complicité, cette ancienne alliance des criminels
et des renégats qui se reconstituera demain à
Toulon.
Que l'on ne s'y trompe pas, cette alliance est vieille comme
la France, depuis Ganelon et le Col de Roncevaux, les traîtres,
les fourbes et les parjures continuent leur sarabande diabolique
à travers les siècles.
Mais si la trahison est ancienne, la fidélité
et l'honneur le sont tout autant. Nous sommes les dépositaires
de l'étendard de l'honneur français, qui nous
a été légué depuis Roland jusqu'aux
combattants de l'Algérie française et que nous
entendons lever bien haut vers le ciel et dans les curs,
pour la défense de l'identité française
et la reconquête politique de notre pays.
C'est pour cela que vous êtes ici aujourd'hui.
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