13 janvier 2005 : Communiqué de presse de Jacques Bompard


Découvrant aujourd'hui dans la presse nationale les propos tenus par monsieur Le Pen, je me trouve placé comme la plupart des militants du Front national devant l'énigme suivante :

Que cherche Jean-Marie Le Pen ? Ou, plus exactement, que cherche le président du Front national ?

La question est fondamentale.

Croit-il que les Français qui souffrent de l'insécurité, du chômage, de l'immigration, des délocalisations, de la perte de leurs racines, s'intéressent en 2005 aux événements de 1945 ?

Depuis plusieurs années, le Front national connaît un recul en terme de nombre d'élus, de cadres, de militants. Monsieur Le Pen pense-t-il que ses déclarations peuvent rendre de l'espoir, attirer à nouveau, rassembler ?

Si monsieur Le Pen estime que l'étude de la seconde guerre mondiale doit être un élément important du discours du Front national, pourquoi ne sollicite-t-il pas l'avis du Bureau politique, du Conseil national, du Congrès ?

Pour ma part, je m'intéresse d'abord et avant tout au présent. Les Français que je rencontre tous les jours ont, eux aussi, pour préoccupation principale, et je les comprends, l'avenir de leurs enfants. Pas la jeunesse de leurs arrière-grands-pères. Le mouvement national ne peut gagner tant qu'il n'aura pas compris que c'est dans ce seul quotidien qu'il faut s'ancrer.

Dans ce contexte, la réunion d'un Congrès du Front national devient une urgence. Chaque année qui passe est une année de perdue pour le mouvement et pour la France que le Front national a la prétention de sauver. De ce Congrès devront sortir de nouvelles orientations en terme de pratiques et d'organisation militante.