Communiqué de l'Esprit Public sur la Constitution Européenne


Nous sommes contre le projet de Constitution Européenne parce qu'il est la négation fondamentale des identités nationales. En effet, ce traité entérine la création d'un véritable Etat supranational avec ses attributions (monnaie, affaires étrangères, sécurité intérieure, immigration, social, etc…) et ses symboles (drapeau, hymne, devise et fête nationale). Les souverainetés nationales sont définitivement supprimées. L'Europe mondialiste se voit attribuer une véritable personnalité juridique avec le droit de conclure des traités internationaux et le droit de légation.
Le traité constitutionnel organise une marche forcée vers l'établissement d'une citoyenneté européenne. Ainsi, dans le nouveau texte, le Parlement européen qui, jusque là était composé de représentants des peuples de l'Union Européenne, représente désormais "les citoyens européens".
La Constitution couronne aussi le pouvoir absolu des fonctionnaires et technocrates du mondialisme. La Commission européenne sera toute puissante et les Etats pèseront en son sein moins qu'une sous-préfecture de la République Française. C'est le triomphe de l'Europe abstraite et artificielle et la négation de l'Europe charnelle, avec son histoire, ses traditions et ses peuples qui sont totalement absents de ce nouveau texte consacrant le mondialisme des marchands et des banquiers.
L'absence de référence au passé européen n'est pas innocente. Il s'agit par le texte constitutionnel de valider la future entrée de la Turquie dans l'Union qui, comme l'a rappelé le leader turc Erdogan, ne doit pas être "un club chrétien". En effet, la Turquie peut sans problème entrer dans cette entité sans âme et sans identité que crée la Constitution. Dans une circulaire interne de l'U.M.P., sous la plume de François Erwald, on peut lire que l'Europe fondée par la Constitution sera "un ensemble politique affranchi de toutes les formes d'identités raciales, ethniques, religieuses ou civilisationnelles, destiné à constamment s'élargir".Voilà pourquoi la question de la constitution et celle de l'entrée de la Turquie sont intimement liées. M. Erdogan, lui, ne se trompe pas lorsqu'il reprend dans ses réunions publiques les propos de l'un des fondateurs du mouvement islamique turc : "Les minarets sont nos baïonnettes, les coupoles nos casques, les mosquées nos casernes et les croyants nos soldats".
Politiquement, la puissance ottomane se fera nettement sentir puisque les réformes prévues des institutions communautaires consacrent le principe démographique dans la définition de la majorité qualifiée, nécessaire à l'adoption des textes au sein de la Commission et du Conseil. La Turquie, avec ses 70 millions d'habitants aujourd'hui (100 millions en 2020), pèsera de tout son poids dans les institutions, d'autant plus que les 4 grands Etats de l'actuelle Union (Allemagne, France, Grande-Bretagne et Italie) ne seront pas en mesure d'imposer individuellement leur droit de veto.
Ce n'est donc pas L'Hymne à la Joie mais la Marche Turque qui aurait dû être choisie comme hymne de cette Union qui n'aura plus d'européenne que le nom.
Voilà pourquoi L'Esprit Public appelle à voter pour le NON au référendum sur la Constitution Européenne.