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Constitution
européenne et laïcité.
Le sujet que vous m'avez demandé de traiter avec vous
aujourd'hui n'est pas un sujet facile car la question de la
laïcité n'est pas directement évoqué
dans le projet de traité constitutionnel qui va être
soumis aux suffrages des Français, le 29 mai prochain.
Cette constitution est d'ailleurs très différente
de celles que nous connaissons le mieux et, notamment, celle
de 1958 fondant la Vème République.
Le projet de Constitution européenne ne contient pas
que des données institutionnelles et des déclarations
de droits mais elle définit aussi, dans le détail,
les buts et objectifs économiques, financiers ou commerciaux
de l'Union européenne.
C'est donc pour cela que mon exposé se basera sur les
quelques articles du projet constitutionnel qui touchent indirectement
à la question de la laïcité mais je me permettrai
également d'étendre ma réflexion à
des faits et à des événements qui montrent
quelle est la position de l'Europe confédérale
et de ses dirigeants par rapport à notre identité
et à notre passé chrétien car au delà
de la question de la laïcité, c'est cela évidemment
qui nous importe.
I)
Etude du projet de Constitution européenne dans le texte
Article
II-80§1 : "Est interdite toute discrimination
fondée notamment sur le sexe, la race, la couleur, les
origines ethniques ou sociales, les caractéristiques
génétiques, la langue, la religion ou les convictions,
les opinions politiques ou tout autre opinion, l'appartenance
à une minorité nationale, la fortune, la naissance,
un handicap, l'âge ou l'orientation sexuelle".
Avec
un texte comme cela, et si la Constitution est acceptée
par les peuples européens, nous sommes habillés
pour l'hiver
On se demande quelle discrimination nos constituants
ont-ils pu oublier dans cette liste impressionnante ?
Ce texte nous annonce que la pression des policiers de la pensée
n'est pas près de retomber dans nos pays. Dans quelques
années, la simple constatation selon laquelle "
une famille est composée d'un papa, d'une maman et des
enfants " risque de tomber sous le coup de la loi pour
discrimination anti-homosexuel. Et par conséquent la
doctrine de l'Eglise en matière de famille, fondée
sur la loi naturelle, risque d'être réprimée
sur le fondement de ce texte éminemment liberticide.
Nous verrons plus loin que le Parlement européen et la
Commission de Bruxelles ont d'ores et déjà anticipé
les effets de cet article, dans l'affaire Buttiglione.
En revanche, la répression contre la discrimination selon
les opinions politiques risque, elle, de connaître quelques
exceptions en vertu du vieux principe révolutionnaire
que vous connaissez : "pas de liberté pour les ennemis
de la liberté!".
Article
II-70§1 : "Toute personne a droit à
la liberté de pensée, de conscience et de religion.
Ce droit implique la liberté de changer de religion ou
de conviction, ainsi que la liberté de manifester sa
religion ou sa conviction individuellement ou collectivement
en public ou en privé, par le culte, l'enseignement,
les pratiques et l'accomplissement des rites".
Cet
article est le plus intéressant en ce qui concerne le
sujet de l'exposé. Permettez-moi donc de m'y attarder
et de l'étudier dans le détail en le décortiquant
phrase par phrase.
-
"Toute personne a droit à la liberté de
pensée, de conscience et de religion"
Rien d'original dans cette première phrase de l'article.
C'est la ritournelle de toutes les déclarations de droits
depuis la Déclaration des Droits de l'homme et du citoyen
de 1789 (je passe sur le Bill of Right de nos voisins anglais).
Je remarque tout de même que plus on a affirmé
ce principe de liberté religieuse dans les textes, plus
on l'a bafoué. Ce sont les partisans de la liberté
qui, par exemple, chez moi à Orange, ont guillotiné
34 religieux et religieuses en 1794, en haine de leur foi. C'est
sous l'égide des principes maçonniques de 1789
que le Petit Père Combes et les radicaux de la IIIème
République ont persécuté les congrégations
religieuses et les Catholiques français.
-
"Ce droit implique la liberté de changer de religion
ou de conviction"
Soyez tranquilles bonnes gens, le droit et la possibilité
de changer de conviction et donc d'avis sera constitutionnellement
garanti ! Vous pourrez sans crainte et sous la protection de
la Cour de Justice des Communautés Européennes
changer d'avis comme de chemise, en matière politique,
syndicale, sur la qualité de la viande de votre boucher
ou sur les talents de cuisinière de votre épouse.
Plus intéressante pour nous est l'affirmation selon laquelle
la Constitution protège le droit de changer de religion.
Si ma mémoire est bonne, au moins depuis fort longtemps,
plus personne n'a été persécuté
en France parce qu'il désirait changer de religion. Et
ce doit être la même chose chez l'ensemble de nos
voisins d'Europe occidentale. Mais alors, les auteurs du texte
constitutionnel enfoncent-ils des porte ouvertes ? Pas vraiment
pour qui sait lire entre les lignes. Cet article trahit la volonté
profonde qui motive ses rédacteurs et les dirigeants
européens en général.
Dans quels pays le fait de changer de religion est-il sévèrement
puni et, même, le plus souvent, puni de mort ? Dans quelle
tradition religieuse, lorsqu'une fille épouse un homme
d'une confession différente de la sienne, celle-ci est-elle
lapidée, voire assassinée par son père
ou par ses frères, comme des exemples récents
nous ont été donnés dans la banlieue strasbourgeoise
?
Evidemment ce texte vise les pays musulmans que les actuels
maîtres de l'Europe souhaitent faire entrer dans l'Union.
Aujourd'hui la Turquie, demain la Tunisie, le Maroc, l'Algérie
et pourquoi pas, comme on l'a entendu, la Lybie, l'Iran ou l'Irak
rénovée par le génie civilisateur américain
?
-
"la liberté de manifester sa religion ou sa conviction
individuellement ou collectivement en public ou en privé"
Cette partie de l'article II-70§1 est sans doute la plus
importante en ce qui concerne la question de la laïcité
qui nous intéresse ici.
Liberté de manifester sa religion en privé.
Cela n'ajoute rien à ce que nous connaissons en Europe.
Une fois encore, il n'y a que pour certains pays islamiques
que le problème pourrait se poser mais l'Arabie Saoudite,
le Yémen ou le Soudan n'ont pas encore manifesté
clairement leur désir d'entrer dans l'Europe confédérale.
Liberté de manifester sa religion en public, collectivement
ou individuellement. C'est là où ça se
corse
Parce que de toute évidence, cet article
pose un problème pour l'application de la laïcité
en France au vu des textes qui la régissent et qui l'encadrent
et notamment de la dernière loi sur la laïcité
à l'école, plus précisément concernant
le port de "signes manifestant de façon ostensibles
une appartenance religieuse". Car le texte du projet de
Traité constitutionnel précise bien "manifester
sa religion (
) individuellement ou collectivement (
)
en public". Cela veut dire que le texte constitutionnel
adopte une conception libérale et souple de la laïcité,
telle qu'elle existe aux Etats-Unis, en Grande Bretagne ou aux
Pays-Bas. Mais il s'agit d'une conception totalement opposée
à celle qui est appliquée en France, voulue et
pensée par les républicains français de
la fin XIXème et du début XXème siècle
et qui a été remise au goût du jour par
le législateur national l'année dernière.
Si la Constitution est adoptée, les jeunes filles musulmanes
et les puissantes associations qui les protègent pourront
demander et obtenir de la Cour de Justice des Communautés
Européennes ou de la Cour Européenne des Droits
de l'Homme que la France abroge un texte législatif contraire
à la Constitution européenne. C'est le point central
concernant la laïcité dans ce projet et vous voyez
qu'il n'est pas négligeable.
-
L'article du Traité constitutionnel évoque aussi
la liberté totale dans "les pratiques et l'accomplissement
des rites".
Cela veut dire que des "pratiques" comme l'excision
pourront être constitutionnellement protégées,
dans la mesure où elles sont liées à des
préceptes plus ou moins religieux. Il est vrai qu'aujourd'hui
déjà, les tribunaux français jugent d'une
manière tout à fait clémente et mesurée,
les cas de barbarie qui leur sont soumis. L'excision est donc
de facto déjà tolérée en France.
Qu'en sera-t-il, pour les mêmes raisons, de la lapidation
des femmes adultères
En conclusion de cette première partie, vous pouvez constater
avec moi que le texte constitutionnel ne remet pas en cause
nos libertés de Catholiques et nos convictions spirituelles
et religieuses. J'oserais même dire au contraire ! Par
exemple, les instituteurs qui ont interdit la distribution de
Saint Nicolas dans la région Lilloise en décembre
dernier ou les socialistes avignonnais qui exigeaient lors du
dernier Noël que la Municipalité d'Avignon supprime
la Crèche installée tous les ans dans le hall
de la mairie de la cité des Papes, et bien ces gens pourront
être ramenés à une attituide plus mesurée,
au besoin devant les tribunaux.
Mais la position de l'Union Européenne concernant les
Chrétiens et le passé chrétien de l'Europe
est plus pernicieuse. Je vais essayer de vous le démontrer
en quelques exemples précis.
II)
L'affaire Buttiglione.
Permettez
moi de rappeler ici les termes de cette affaire.
En octobre dernier, une commission spécialisée
du Parlement européen fut chargée d'entendre les
futurs commissaires européens de l'équipe Barroso.
Il faut souligner que cette commission parlementaire était
présidée par un député européen
Français, M. Jean-Louis Bourlanges, membre de l'UDF et
proche de François Bayrou. Il fait donc partie de ce
que l'on appelle les " démocrates chrétiens
". Je m'attarde là-dessus car ce sont des députés
européens qui se disent catholiques qui ont été
les plus virulents contre M. Buttiglione, au nom de la haute
idée qu'ils se font de la laïcité.
Que reproche-t-on à Rocco Buttiglione ? Voici exactement
les propos qui l'ont exclu de la Commission européenne
et qui ont déclenché une crise politique au sommet
des institutions de l'Union : "Je peux très bien
penser que l'homosexualité est un péché
mais que cela n'a aucune influence sur le droit. On peut avoir
une communauté de citoyens avec des convictions morales
différentes". Vous constatez avec moi que les propos
de ce candidat à la Commission européenne sont
d'une modération exemplaire. Pourquoi a-t-on alors déclenché
contre lui une offensive qui a fait la une des media européens
pendant plusieurs jours et qui a contraint M. Barroso à
présenter au Parlement une nouvelle équipe ?
Dans Reconquête de novembre dernier, Yves Daoudal estime
que cet acharnement est essentiellement dû au fait que,
selon-lui, "le dogme homophile fait partie du socle de
la laïcité". C'est une position qui est intéressante
mais s'éloigne de notre sujet.
Je pense pour ma part qu'au-delà de l'homme Buttiglione,
avec ses convictions et ses états d'âmes, c'est
l'Eglise catholique et les catholiques dans leur ensemble que
l'on a voulu viser. Le Cardinal Secrétaire d'Etat Sodano,
n°2 du Vatican, ne s'y est pas trompé lorsqu'il a
affirmé à, la suite de cette affaire, que les
Catholiques étaient" en danger d'être victimes
d'isolement et de discrimination". Ce battage orchestré
contre un proche de Jean-Paul II est en quelque sorte un avertissement
adressé à l'Eglise et aux Catholiques qui se résume
à peu près à cela : " ne venez pas
vous mêler de nos affaires, restez chez vous, l'Union
européenne n'a rien à voir avec votre obscurantisme
d'un autre âge. Laissez-nous réaliser nos juteuses
affaires en paix. ".
Cela signifie aussi, cela signifie surtout, que si un Catholique
veut accéder à un poste clé de l'Union,
il faut qu'il laisse son engagement confessionnel au vestiaire
et qu'il donne des gages importants au laïcisme militant
et institutionnel. Et, encore, ce n'est pas sur qu'on l'accepte.
L'affaire Buttiglione nous l'a montré. Cet ultra libéral
italien a eu beau mettre de l'eau dans son vin, les européïstes
ont eu sa peau.
Vous voyez donc la distorsion qui existe entre le texte du projet
de Constitution qui semble moins marqué par l'idéologie
et le dogme laïcs que ne l'est, par exemple, la Constitution
de la 5ème République.
En réalité, dans les faits, la haine du christianisme
est bien réelle.
Le texte n'est pas explicite là-dessus mais les silences
et les manques qu'il contient le sont. L'exclusion, à
la demande de Jacques Chirac, de toute référence
au passé chrétien de l'Europe n'est pas innocente
et l'on peut dire qu'elle participe à l'esprit du projet
de Constitution.
On veut gommer 2000 ans d'histoire chrétienne de l'Europe.
Pourquoi ? Nous le verrons plus loin. Mais à partir de
là, il est donc logique que l'on exclut un proche du
Pape, Catholique pratiquant, d'une fonction importante de l'Union
européenne.
Dans ce domaine comme dans d'autres, je suis de ceux qui pensent
que la force de nos adversaires trouve sa source essentielle
dans notre faiblesse et notre manque de courage.
Au-delà de la scandaleuse discrimination que pratiquent
les instances européennes, la très symbolique
exclusion de Monsieur Buttiglione montre la faiblesse dans laquelle
se trouve l'Eglise en tant que puissance temporelle et le monde
chrétien européen en général.
Face à ce qu'il faut bien appeler un camouflet, quelle
a été la réaction de la hiérarchie
catholique et des fidèles ? Des communiqués d'une
politesse et d'une condescendance toute épiscopale pour
les uns, quelques manifestations gentillettes pour les autres.
Mais aucune réponse vigoureuse, aucun appel à
une protestation exemplaire, à des manifestations de
masse pour crier le "non possumus" des Catholiques
face à cette dictature de la pensée qui, désormais,
se transforme en une dictature pure et simple.
Eh quoi donc ! L'Europe charnelle est composée de 80
à 90 % de Chrétiens, toutes confessions confondues,
et l'on pourrait ainsi les ostraciser sans qu'aucune réaction
efficace ne soit mise en uvre ? Ce que l'Eglise catholique
a réalisé face au communisme à l'Est et
dans le monde, n'est-elle pas capable de le réaliser
face à cet autre matérialisme destructeur que
représente le mondialisme européïste ? Cela
montre à quel point nous en sommes arrivés.
Le problème, à mon avis, c'est que les discours
du Pape, que ce soit sur les racines spirituelles de l'Europe
que n'a pas intégré le projet de traité
constitutionnel ou sur une question comme celle de l'avortement,
sont excellents.
Mais dans un cas comme dans l'autre, ces discours et ces rappels
à l'ordre ne sont jamais suivis d'effets concrets.
Si le Pape et la hiérarchie catholique demandaient aux
fidèles de ne pas voter en faveur de la poursuite du
processus d'intégration européenne, de ne plus
voter pour les hommes politiques qui se sont faits complices
de l'exclusion de M. Buttiglione, et bien ce dernier serait
à l'heure actuelle commissaire européen ! Il est
vrai que le Pape est quelquefois très ferme mais que
le blocage se fait au niveau d'épiscopats nationaux,
comme le nôtre qui est purement et simplement à
la botte du pouvoir, ne serait-ce que par son mode de désignation
qui doit avoir l'agrément du Ministre de l'intérieur.
Je crois que c'est Léon Daudet qui disait à propos
de la désignation bilatérale des évêques
français : " Rome veut un saint, la République
veut une crapule. Ils s'entendent sur un imbécile ".
En résumé et pour revenir au sujet, le laïcisme
de l'Union européenne comme celui de la République
française ne sont forts que de la faiblesse de la Chrétienté
!
III) La véritable religion de l'Union Européenne
:
le Veau d'Or
Le
danger que font peser les institutions européennes sur
notre héritage chrétien n'a pas les mêmes
origines que le laïcisme que l'on connaît en France
depuis la Révolution. La laïcité du Petit
Père Combes trouve son fondement dans l'idéologie
maçonnique et dans la haine historique que celle-ci porte
au catholicisme.
Pour l'Union européenne et pour le mondialisme en général,
le rejet des références spirituelles occidentales
est, à mon avis, fondé sur des considérations
plus matérialistes et plus mercantiles.
Le but des mondialistes est d'abolir les nations, les frontières
et toutes les identités enracinées dans le but
d'uniformiser les esprits pour les rendre plus perméable
au mondialisme, au libéralisme économique, au
libéralisme social ainsi qu'au consumérisme globalisé.
D'où l'acharnement contre tout ce qui représente
la tradition et l'héritage chrétien de l'Europe.
Un de mes collaborateurs, qui est originaire de Nancy, me racontait
il y a quelques jours qu'il avait assisté à un
colloque sur l'Europe qui se tenait dans la capitale des Ducs
de Lorraine. L'intervenant principal était l'Archiduc
Otto de Habsbourg-Lorraine, héritier du trône d'Autriche.
L'assistance était composée de sommités
locales, nationales et internationales pour la plupart acquises
à l'idée d'une Europe mondialiste. Le descendant
de l'illustre famille régnante autrichienne, une des
plus vieille familles européennes, leur a alors fermement
rappelé que son engagement européen était
plus lié " à l'Europe des cathédrales
qu'à celle des banques et des coffre-forts". Il
avait visé juste puisque les premiers rangs de la salle
commençaient à s'agiter et au fur et à
mesure de son exposé, certains invités quittaient
la salle, furieux des propos du prestigieux orateur. L'Europe
dont rêve Otto de Habsbourg n'a évidemment rien
à voir avec celle des boutiquiers qui n'ont de cesse
que de gommer l'histoire et les traditions européennes
pour ouvrir notre continent à la déferlante mondialiste,
sans histoire et sans racine.
Le préambule de la Constitution nous éclaire sur
ce point lorsqu'il stipule " S'inspirant des héritages
culturels, religieux et humanistes de l'Europe
".
Les gouvernements, et surtout le gouvernement français,
ont refusé catégoriquement de faire figurer l'héritage
chrétien de l'Europe dans le texte constitutionnel. Le
mot " religieux " contenu dans ce Préambule
englobe donc toutes les confessions et notamment la confession
musulmane. C'est la condition sine qua non pour valider l'entrée
de la Turquie dans l'Union. L'Europe ne doit pas être
un " club chrétien " a rappelé M. Erdogan,
le Premier ministre turc qui dicte déjà sa loi
aux Européens. Jacques Chirac a lui-même déclaré
à Philippe de Villiers qui a rapporté le propos
présidentiel : " les racines de l'Europe sont autant
musulmanes que chrétiennes ". Comment quelqu'un
de sensé peut-il affirmer une telle chose ? Des propos
tels que ceux du Président de la République relèvent
du délire psychiadélique d'un illuminé.
On cherche en quoi l'Europe aurait des racines musulmanes et,
autant le dire, on le cherche en vain. Que ce soit dans les
Balkans ou en Espagne, les peuples européens qui ont
eu à connaître le péril islamique, arabe
ou ottoman, n'ont eu de cesse que de le combattre et de le repousser
pour le plus grand bien de notre civilisation. Jacques Chirac
considère-t-il qu'une occupation étrangère,
sanglante et destructrice doit être considérée
comme un apport à l'identité d'un pays ou d'un
continent ? Est-ce que ce sont les massacres de Chrétiens
dans les Balkans et en Arménie par les Turcs, les razzias
de femmes sur les rivages de la Corse ou de la Sardaigne, le
trafic d'esclaves ou les bagnes de Tunis des Barbaresques qui
constituent l'apport musulman à l'histoire européenne
?
Dans Le Figaro du 25 novembre 2002, le Professeur Alain Besançon
a rappelé la vérité sur les racines de
l'Europe. Je le cite : "L'Europe se définit par
une addition cumulative d'expériences historiques. Ce
sont dans l'ordre chronologique, l'héritage romain, la
conversion à la version romaine et latine du christianisme,
les grandes innovations médiévales (hiérarchie
féodale, ordres religieux et savants, universités)
puis la Renaissance, la Réforme, la Contre-Réforme,
puis encore les Lumières (
). Qu'en est-il maintenant
de la Turquie ? Elle aussi se constitue par une série
de grandes expériences, souvent glorieuses, quelquefois
moins. Le fait est qu'elles n'ont rien de commun avec celles
de l'Europe. (
) Pendant tout le XVIème siècle
et une partie du XVIIIème, la force d'expansion du jeune
Empire ottoman fut pour l'Europe occidentale une source d'inquiétude
et très souvent de terreur".
Beaucoup de nos compatriotes ne comprennent pas les raisons
de cette attitude suicidaire qui consiste à vouloir mettre
délibérément sur un pied d'égalité
des cultures et des traditions aussi inconciliables. Ils ne
comprennent pas pourquoi tant de dirigeants politiques européens
souhaitent ardemment faire entrer la Turquie dans l'Union Européenne
tout en marginalisant l'héritage chrétien de notre
continent.
Le but des mondialistes est d'abolir les nations, les frontières
et les identités enracinées, dans le but d'uniformiser
les esprits pour les rendre plus perméables à
la nouvelle religion mondialiste. Religion mondialiste qui est
en fait une religion vieille comme le monde : celle du Veau
d'Or. Le nouvel homme ainsi créé travaillera à
la plus grande gloire des banquiers et des boutiquiers du mondialisme
apatride.
Je ne suis pas un obsédé du conspirationnisme
mais il suffit de lire quelques textes pour comprendre que ce
scénario digne de Georges Orwell n'est pas une fiction.
Voyez plutôt ce qu'a écrit un proche de Jacques
Chirac, l'universitaire François Erwald dans une circulaire
confidentielle destinée aux cadres de l'UMP : "
L'idée de l'Europe, ce qui en fait la grande idée
politique du XXIème siècle, est qu'elle offre
la possibilité de construire sur la base de l'adhésion,
et donc de réciprocité des droits et des devoirs,
un ensemble politique affranchi de toutes les formes d'identités
raciales, ethniques, religieuses ou civilisationnelles, destiné
à constamment s'élargir parce qu'assis sur les
principes libéraux qui permettent l'extension d'un marché
commun. La grande idée de l'Europe, c'est d'asseoir la
communauté politique sur les libertés du marché(
).
L'Europe n'a pas d'identité, elle est une promesse ".
Vous avez dans ce texte tout ce qu'il faut savoir et comprendre
de l'actuelle construction européenne qui n'a pour but
que de gommer les identités et de tout soumettre au but
suprême qui est le libre échange, le commerce et
la spéculation. C'est la religion du Veau d'or.
"L'Europe n'a pas d'identité, elle est une promesse".
Il s'agit ni plus, ni moins que d'un messianisme utopique, aux
buts exclusivement matérialistes, au même titre
que le communisme et inspiré par les mêmes influences
apatrides, ésotériques et kabbalistiques que ce
dernier.
En 1999, à l'université de Standford aux Etats-Unis,
Condoleeza Rice, l'actuel secrétaire d'Etat (ministre
des affaires étrangères) de Georges Bush, faisait
un discours expliquant sa vision du monde et rappelant les défis
que devait relever ce qu'elle nomme "la race humaine".
En résumé, son but est de " construire des
démocraties multi-ethniques qui fonctionnent ".
Le " qui fonctionnent " est intéressant à
relever
Pour elle, il ne peut y avoir d'avenir que pour les sociétés
multiculturelles qui ne seraient pas des juxtapositions de cultures
mais une fusion des cultures dans une même société.
C'est chaque individu qui doit être multiculturel. C'est,
pour elle, l'assurance de la paix dans le monde puisque les
cultures et les religions auront fusionné faisant ainsi
disparaître, selon elle, les causes de conflits entre
elles. D'où le soutien sans faille des dirigeants américains
à la construction européenne qui applique à
la lettre ces préceptes forgés de longue date
dans les cercles mondialistes.
Une fois que l'on a compris cela, on comprend mieux la volonté
exprimée dans le projet de traité constitutionnel
de mettre sur un pied d'égalité des identités
et des religions a priori inconciliables pour, en fait, les
faire disparaître dans une sorte de métissage mental
et spirituel pour ainsi ouvrir la voie de la religion de l'argent,
du commerce mondialiste et de la finance apatride. Rien de nouveau
sous le Soleil, puisque des auteurs comme Georges Orwell ou
Aldus Huxley avait déjà imaginé cela dans
des romans que l'on peut aujourd'hui qualifier de romans d'anticipation.
Je voudrais conclure d'une façon plus politique en insistant
sur le fait qu'il est essentiel de bloquer ce processus mondialiste
qui veut éradiquer notre histoire, nos identités
et notre religion. La Constitution mortifère, sur laquelle
nous allons devoir nous prononcer le 29 mai prochain, est la
clé qui permettra à la Turquie d'ouvrir la porte
de l'Union européenne. Et derrière la Turquie,
ce seront les autres pays musulmans du Maghreb, comme certains
l'ont déjà évoqué. Vous comprenez
donc l'enjeu de civilisation qui est entre nos mains. Cette
Constitution, dont le laïcisme n'est qu'un moyen d'atteindre
le règne du Veau d'Or, doit être rejetée.
Mobilisons-nous, mobilisons tous les hommes de bonne volonté
de notre pays pour refuser la négation de l'Europe des
Peuples, de l'Europe des Nations, de l'Europe chrétienne! |