Communiqué de presse : la bateau ivre


Marie-France Stirbois et Philippe de Beauregard sont membres de l'Esprit Public. C'est à ce titre que nous commentons leur suspension du Front national. Il existe, en effet, un lien direct entre leur appartenance à notre association et cette sanction prise à l'unanimité de sa personne par Jean-Marie Le Pen.

Une fois encore, on peut constater que certains au sein du FN ont le droit de s'exprimer, d'autres pas. Les premiers, les heureux élus, s'appellent Le Pen père et fille, s'y ajoutent leurs femmes, sœurs, maris et ex maris, proches et collaborateurs. Tout ce petit monde a le droit de parler, de traiter Marie-France Stirbois de "mémère", de "vieille", de reprocher à Philippe de Beauregard son activité professionnelle. Rien ne leur sera reproché. Ils sont juges et parties.
En revanche, les interdits de parole, eux, n'ont le droit que de se taire en attendant un procès stalinien et leur exclusion.
Ces exclusions se faisant, bien entendu, systématiquement au mépris des règles internes de fonctionnement qui sont bafouées : interdiction du débat contradictoire, interdiction du vote à bulletins secrets…

On peut considérer que, d'une certaine manière, c'est un coup d'état interne permanent auquel se livre Jean-Marie le Pen afin d'écarter toute personne susceptible de remettre en question la légitimité de son action et notamment de l'exercice de sa fonction. Lorsque qu'en septembre dernier, le secrétaire général et le délégué général de son mouvement se sont opposés à l'exclusion de Jacques Bompard, Jean-Marie Le Pen est passé outre. Résultat : quinze jours plus tard, Carl Lang était démissionné. Quant à Bruno Gollnish, seul son stoïcisme lui épargne encore d'être purgé.
Pendant ce temps, n'importe quel olibrius peut, avec l'accord de Jean-Marie Le Pen, se livrer à une trahison de la doctrine du FN. Ainsi, Jean-Claude Martinez, bombardé, chef de la campagne présidentielle de Jean-Marie Le Pen, propose d'étendre le RMI au monde entier tout en continuant à vouloir l'interdire en France. Ainsi, et depuis plusieurs années, Marine Le Pen et son entourage dont les discours se rapprochent de ceux d'une certaine gauche sur les problèmes de l'immigration. Nous n'en donnerons qu'un exemple, le plus récent, tiré du bulletin de Génération le Pen en date de novembre 2005 : "Les Français (…) ne se bousculent pas toujours pour travailler. Et là, les immigrés n'y sont pas pour grand-chose". Bref, la vieille antienne gauchiste, s'il y a des immigrés c'est que les Français ne veulent pas travailler ! Et c'est signé Nicolas Gauthier, proche collaborateur de Marine Le Pen.

Dans ce contexte, l'Esprit Public apporte toute sa sympathie aux militants et aux cadres du FN qui, tout en connaissant les graves dérives qui agitent actuellement leur mouvement, continuent d'y lutter.