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L'Esprit
Public salue l'initiative lancée aujourd'hui jeudi
3 novembre 2005 par Philippe de Villiers et Jacques
Bompard à Epinay-sur-Seine.
Le président
du MPF et le maire d'Orange viennent, en effet, de créer
le Collectif National des Elus de la République contre
le droit de vote des étrangers. Ce Collectif a pour
objectif de mobiliser les représentants du peuple français
contre le projet de Nicolas Sarkozy d'octroyer le droit de vote
aux élections locales à tous les étrangers
extra-européens résidant légalement sur
le sol national.
Ce projet
est une insulte à la République et aux Français.
En effet, les droits politiques, dont le droit de vote est un
des plus fondamentaux, ne sont dévolus qu'aux seuls citoyens.
Octroyer des droits politiques à des individus appartenant
à des nations étrangères revient à
nier toute spécificité à notre nation et
à ses membres, à lui refuser toute communauté
de destin propre, à lui interdire toute unité,
à la ramener à une simple addition d'intérêts
particuliers.
Sans souveraineté politique, sans son strict exercice
circonscrit aux seuls citoyens, il n'est plus de République
et de nation, il n'est plus de peuple libre. Donner le pouvoir
à des étrangers de mêler leur volonté
à la volonté nationale, ce n'est pas élargir
un droit mais, au contraire, le dissoudre et, d'une certaine
manière, mettre fin à une des libertés
les plus essentielles du citoyen, celle de décider de
son avenir.
Ce refus
du droit de vote pour les immigrés ne relève nullement
d'une discrimination à l'égard des immigrés.
Ces derniers sont citoyens de leur pays d'origine et peuvent
y exercer pleinement leurs droits. Il y aurait, en revanche,
une injustice à ce qu'un immigré puisse jouir
de droits civiques dans deux pays (1), au contraire du citoyen
français qui, non seulement ne pourrait voter que dans
son pays, mais encore devrait partager ce droit, au risque de
le faire disparaître sous le poids du nombre.
Le droit de vote pour tous répond peut-être à
une utopie anarchiste, à un délire libéral,
il contrevient, en tous les cas, en tous points, à une
vision saine de la nation et de la démocratie qui exige
que soient posées des bornes entre ce qui est national
et ce qui ne l'est pas, tracée une frontière entre
ce qui est Français et ce qui est étranger.
Ce projet
est également une insulte faite aux millions de Français
qui ont souffert ou souffrent des conséquences de la
politique d'immigration : agressions, pertes d'emplois
Ce projet
est mensonger car, sous couvert de ne donner que le droit
de vote aux élections locales, Nicolas Sarkozy et ses
amis de l'UMP accordent aux immigrés le pouvoir d'élire
des maires. Or, ces derniers peuvent accorder leurs parrainages
pour les Présidentielles. Dans ce contexte, quelle liberté
de choix serait celle d'un maire qui ne devrait son élection
qu'au soutien d'une communauté allogène puissante
?
Ce projet
est à deux vitesses car, à court terme, il
conduirait à donner le droit d'être élus
à des étrangers. En effet, comment pourrait-on
dire : vous avez le droit de voter, pas celui d'être élu
? Ce refus manquerait singulièrement de logique et deviendrait
rapidement impossible à défendre. Céder
sur le droit de vote aux élections municipales, c'est
briser la seule digue qui nous sépare du droit de vote
à toutes les élections, du droit de solliciter
des suffrages et, en ultime conséquence, du pouvoir de
décider. En effet, comment pourrait-on expliquer : l'élection
municipale est locale, mais pas la cantonale ? Comment pourrait-on
dire : vous pouvez élire un conseiller général
et un maire qui décident de vos impôts locaux mais
pas votre député qui, à travers le vote
du budget de l'Etat, vote vos impôts nationaux ? Le droit
de vote est un bloc. Nul ne peut le tronçonner ni le
" passer au karcher ".
Ce projet
est dangereux. Il pose la question de l'attachement des
populations immigrées à leur pays d'accueil. Les
évènements récents d'Epinay et de Clichy,
qui ne sont que la confirmation de la montée des haines
anti françaises de ces vingt dernières années,
ne sont pas de nature à apaiser les craintes qu'il est
légitime de nourrir à ce sujet. La communautarisation
croissante des populations immigrées n'est pas davantage
rassurante quant à leur capacité à poursuivre,
à travers le biais d'une élection locale, la recherche
du bien commun. Quel " bien commun " pourrait-il exister,
par exemple, dans une ville où vivraient 10% de familles
polygames, 20% de musulmans fondamentalistes et 70% de Français
dont la moitié serait âgée de plus de 60
ans ?
Quelle confiance pouvons-nous accorder au vote et donc aux décisions
prises par des communautés étrangères souvent
musulmanes lorsque l'on voit affirmé, dans des journaux
comme Le Monde, qu'en cas de guerre entre la France et leur
pays d'origine, la plupart des soldats musulmans servant dans
l'armée française refuseraient de monter en ligne
? (Le Monde du 28 octobre 2005) ?
Ce projet
est un appel d'air. Il dit à des millions de pauvres
du tiers-monde : non seulement la France est le pays où
l'on scolarisera gratuitement vos enfants, où l'on soignera
gratuitement votre famille, où l'on vous versera chaque
mois un RMI, où l'on vous accordera des appartements
à prix réduits voire gratuits, où l'on
vous donnera des allocations, mais, c'est en plus le pays où
on vous donnera le droit de voter.
Ce projet
est révélateur de l'étroite complicité
de pensée qui unit notre classe politique. En effet,
en souhaitant le vote pour les immigrés, Nicolas Sarkozy
parle et pense comme le parti communiste, la LCR ou les Verts.
Il rejoint le programme commun de la gauche des années
70. Il est également en accord total avec le Jacques
Chirac qui proposait ce droit de vote dès 1979. Sur des
sujets aussi fondamentaux, les partis du système parlent
donc d'une même voix, et celles discordantes au sein de
l'UMP actuel ne se font entendre que par la crainte d'une fuite
définitive de leur électorat.
Il existe
aujourd'hui une fracture mentale entre cette classe politique
et le peuple français, une classe politique non seulement
éloignée des Français qui souffrent, mais
également méprisante à leur égard.
Cette fracture mentale s'ajoute à la fracture communautaire,
à la fracture sociale mais aussi à la fracture
politique qui fait que plus d'un tiers des électeurs
des présidentielles de 2002 n'est pas représenté
au Parlement.
Face à
cette situation inacceptable, l'heure est à une politique
de salut public. C'est sur cette voie que Jacques Bompard et Philippe de Villiers se sont engagés aujourd'hui.
Non pas seulement en parole mais en actes. L'Esprit Public
appelle tous les patriotes à les soutenir dans ce combat.
(1) Le cas des réfugiés politiques et des demandeurs
d'asile relève d'une autre logique mais il n'en reste
pas moins que ces personnes restent étrangères
à la communauté nationale et ne sauraient influer,
même par le biais d'un simple bulletin électoral,
sur son devenir. |