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Je
viens de prendre connaissance, avec un peu de retard, du communiqué
de presse que Roger Holeindre, vice président du FN,
a consacré à mon livre "Le Pen contre
le Front national".
Avant
toute chose, je tiens à dire ici toute l'amitié
et la sympathie que j'éprouve pour "Popeye",
cette figure du combat national depuis un demi siècle.
Ceci
étant dit, il n'en reste pas moins que je suis très
surpris par la teneur de son communiqué. Car, enfin,
quoi ! Je ne dis guère plus, ni guère moins, que
ce que ce brave Roger dit volontiers en privé, et ce
depuis bien longtemps ! Nombre de nos amis pourraient, le cas
échant, en témoigner. Ma critique du fonctionnement
du FN sous Le Pen, Roger Holeindre la reprend volontiers à
son compte. A ceci près qu'il prend soin de ne jamais
la rendre publique. Par lâcheté ? Certainement
pas
par amitié pour Le Pen, tout simplement.
Au
fond, il n'existe qu'une seule vraie différence entre
Roger Holeindre et moi. Il confond l'armée avec la politique.
L'armée, cela veut dire se mettre au garde à vous
devant son supérieur même si celui-ci débite
bêtise sur bêtise, commet erreur sur erreur, et
vous envoie droit sur les mitrailleuses ennemies. La politique,
c'est tout autre chose. C'est l'engagement d'hommes libres au
service d'un idéal, d'un programme politique. Pas d'un
homme. Le Pen n'a pas inventé le nationalisme. L'idée
patriote survivra à sa disparition.
Jacques Bompard |