Préalable
:
Depuis que M. Le Pen a annoncé des sanctions contre moi,
fin août, je n'ai fait aucune conférence de presse.
A la demande du Bureau exécutif, j'ai même refusé
un interview télé le soir de mon passage devant
le BE le 16 septembre.
Dans le même temps, M. Le Pen, sa fille, les amis de sa
fille, ne se sont pas privés, eux, de parler dans les médias
et d'y instruire mon procès, en utilisant la plupart du
temps des attaques personnelles.
Suite
à la décision de M. Le Pen, il aurait été
incompréhensible que je ne m'exprime pas, moi aussi,
devant la presse.
1 - La décision du Bureau exécutif est injuste
et infondée.
3 points
ont été portés à mon passif :
a) Ma liberté de parole
Elle m'a été reprochée. Cette liberté
est appelée " indiscipline ". Pourtant, je
ne l'ai exercée, en général, qu'en réponse
aux attaques dans la presse de M. Le Pen, de sa fille, des amis
de sa fille (voir ci-joint quelques exemples de ces attaques).
b) L'organisation
de l'Université d'été de l'Esprit Public
Tout le monde le sait, la chronologie est claire : l'UDT du
FN a été annoncée fin juin ! A cette date,
l'Esprit public avait déjà envoyé ses documents
publicitaires. D'ailleurs, l'annonce officielle de l'UDT de
l'Esprit Public a été faite le 3 avril lors des
journées de l'AGRIF à Orange ! Trois mois avant
l'annonce du FN.
c) La perte
de voix aux Européennes
Cette accusation est ridicule ! Elle ne tient pas une seconde.
En revanche, l'étude des intentions de vote FN prouve,
toutes études confondues, une baisse nette après
les déclarations de Le Pen sur le mariage des homosexuels.
Conclusion :
Les motifs de mon exclusion n'abusent personne. Ils ne reposent
sur rien. Même M. Le Pen n'ose plus en parler et se contente
d'évoquer une prétendue " indiscipline "
qu'il serait bien en peine de caractériser précisément.
Et pour cause ! ! !
Cette décision
n'est donc ni "clémente" comme s'en
flatte M. Le Pen ni "modérée".
Elle est infondée.
Et donc injuste.
Elle témoigne d'un autoritarisme réellement insupportable.
J'ajoute
que Mme Marine Le Pen devrait être en accord avec ma position,
elle qui déclarait le 17 février 2003 dans le
journal Le Monde :
"Jacques Bompard a indiqué qu'il n'avait pas
l'intention de succéder à Jean-Marie Le Pen, mais
peut-être l'aura-t-il, ce qui serait son droit. Il y a
au Front des sensibilités différentes. Ce n'est
pas un motif pour prononcer des exclusions."
2
- Le vrai reproche qui m'est fait : ces propositions qui gênent
Jean-Marie Le Pen
Jean-Marie
Le Pen refuse de voir ouvrir un certain nombre de débats,
à mon sens pourtant vitaux, pour l'avenir du FN
a) Le débat
sur le mode de fonctionnement du FN. Contrairement à
certains qui veulent changer les idées, je souhaite voir
évoluer le fonctionnement du FN.
b) Le débat
sur la stratégie de M. Le Pen qui est prioritairement
la course à l'Elysée.
Je citerai
sur ce point l'homme de confiance de Jean-Marie Le Pen en région
PACA, M. Jean-François Touzé qui déclarait
le 17 novembre 1994 lors du Ier congrès de son mouvement
l'Alliance Populaire :
"Le FN est une impasse car il a basé sa stratégie
sur une utopie : l'arrivée de M. Le Pen à l'Elysée".
Et, très
sévèrement, M. Touzé affirmait également
le 21 septembre 1994 dans la lettre interne du mouvement qu'il
dirigeait, l'Alliance de la Droite Nationale :
"Le Pen pour la troisième fois (
) va donc
feindre de tenter sa chance dans la course à l'Elysée,
comme font semblant de vouloir séduire les jeunes filles
de passage les vieux beaux épuisés".
Je laisse
à M. Touzé la responsabilité de ces mots
et ne les reprends pas à mon compte. Il n'en reste pas
moins que la stratégie du tout-Elysée est une
stratégie perdante, forcément perdante.
C'est mon point de vue. Je peux avoir tort. Mais je prétends
que ce débat devrait avoir lieu et qu'il n'est pas sain
de l'interdire à coups de sanctions, comme il est malsain
et dangereux d'interdire tout débat.
3
- Mon but/mes propositions
a) Rendre
de l'espoir aux gens du FN.
Aujourd'hui, les militants et les adhérents sont las
! Lassés de voir le FN en décadence. Ils aspirent
à un changement. Les cadres et les militants veulent
gagner. De vraies victoires ! Puisque c'est possible à
Orange, ils savent que c'est souvent possible aussi chez eux.
Nous voulons
apporter de l'espoir en partant du concret et non sur la base
de chimères..
b) Il faut
rebâtir le FN.
Il faut re-faire le FN et le refaire sur le modèle d'un
parti de militants. C'est une révolution interne que
je propose. Une révolution à la fois culturelle
(mode de fonctionnement) et stratégique (buts poursuivis).
Mode de
fonctionnement :
J'en ai longuement parlé le 16 septembre devant le Bureau
exécutif. Je compte en parler au prochain Bureau Politique.
Par la suite, je porterai mes réflexions à la
connaissance des adhérents et de tous ceux qui s'intéressent
au FN.
Stratégie :
Celle développée dans le discours de l'Université
d'été d'Orange : la stratégie de l'enracinement,
du travail local.
Travail
local : il n'est pas de nature inférieure. Il est un
préalable et un préalable indispensable!
Il vaut mieux 100 maires que 100 conseillers régionaux.
Le local, c'est la gestion du réel. Ce n'est pas, ou
pas seulement comme le disait avec mépris, Marine Le
Pen, lors de l'université d'été d'Annecy
en 2002, la gestion des eaux usées. C'est un ensemble
d'actions qui pèse sur la vie quotidienne (ou extra-quotidienne)
des Français. Le pouvoir local est un vrai pouvoir et
est la clé du pouvoir national quand ce pouvoir local
devient un réseau de villes, de cantons, un vrai maillage
du territoire.
D'où
le besoin d'un mouvement de militants et de cadres enracinés
dans leur ville et leur département et non pas d'un mouvement
centralisé, coupé de la masse.
Conclusion
:
1 - Mon
combat est au service du FN. Il serait facile de courber l'échine
et d'accepter l'ordre absolu de me taire. Mais je considère
qu'un mouvement politique est un rassemblement d'hommes et de
femmes libres. Je pense aussi que l'avenir du FN exige des responsables
politiques qui refusent de courber l'échine et qui parlent.
2 - Je continue
donc mon combat au FN et mon travail à l'Esprit Public.
3 - Je souhaite
au nom de l'équité que tous les responsables du
FN qui depuis des semaines voire des mois m'ont attaqué
dans la presse de manière non politique soient, eux aussi,
amenés à comparaître devant les instances
dirigeantes du mouvement comme Marie-France Stirbois et moi-même
avons été amenés à le faire.
La "discipline" c'est pour tout le monde !
3 - Conformément
à l'article 19 du règlement du FN, je souhaite
que le bureau politique vote à bulletin secret afin de
demander au bureau exécutif de venir lui rendre compte
de sa décision.
A cette occasion, je demanderai à être entendu
moi aussi ainsi que Mme Stirbois.
Liste
des attaques contre Jacques Bompard parues dans la presse :
Depuis 2002,
Jacques Bompard a été la cible d'attaques dans
la presse de la part du président du Front national,
de ses gendres, de sa fille cadette et des amis de cette dernière.
Ces attaques ont souvent été insultantes, gratuites
et rarement politiques. Jacques Bompard a, la plupart du temps,
réagi. Mais il n'a jamais été à
l'initiative d'une polémique, contrairement à
ses détracteurs.
Voici une brève recension de ces attaques.
15 septembre
2002 - La Provence - Jean-Marie Le Pen
En déplacement dans le Vaucluse, Jean-Marie Le Pen déclare
: Jacques Bompard a "laissé cette circonscription
(celle de Cavaillon) en friche, comme il l'a reconnu dans un
rapport. Je suis heureux que madame Bellier la laboure à
nouveau".
Deux remarques : Jacques Bompard n'a jamais "reconnu"
cet abandon nulle part. Madame Bellier n'a jamais "labouré"
Cavaillon que dans l'esprit de monsieur Le Pen.
A noter que cette attaque de monsieur Le Pen a permis à
la presse locale de faire d'autres articles hostiles à
Jacques Bompard comme celui paru le 18 septembre de la même
année, toujours dans la Provence et portant le titre
: "Un Le Pen critique Bompard, un autre soutient Mariani" (allusion au soutien de Marine Le Pen au député
U.M.P. Mariani critiqué pour un voyage en Irak).
9 janvier
2003 - Le Monde - Marine Le Pen
Marine Le Pen interrogée sur sa "stratégie"
électorale déclare : "Il faut se préparer
à prendre le pouvoir. Mis à part quelques grigous,
tout le monde est sur cette longueur d'ondes chez nous".
On passera sur l'originalité du propos pour retenir que
Marine Le Pen attaque les éventuels opposants à
sa magistrale "stratégie" (prendre le pouvoir
)
en utilisant un mot non politique mais insultant "grigou".
5 février
2003 - La Provence
7 février 2003 - Libération - Jean-Marie Le Pen
Le président du Front national déclare : "Bompard
a autant de chances de devenir président du Front national
que moi-même d'être archevêque".
7 février
2003 - Libération - Louis Aliot
Interrogé par Christophe Forcari, Louis Aliot répond
et parlant de Jacques Bompard déclare : "il s'imagine
peut-être qu'il va faire sa marche sur Rome, mais avec
qui ?".
Là encore, ces propos sont inadmissibles. En effet,
comment un membre du Bureau politique peut-il en attaquer un
autre, de plus dans Libération, sans être rappelé
à l'ordre par les instances disciplinaires du mouvement
?
14
février 2003 - Dauphiné libéré-
Jean-Marie Le Pen
Ce jour-là, le lecteur du Dauphiné Libéré,
qui éventuellement peut être un électeur
Front national, pouvait lire, sans doute perplexe : "Monsieur
Bompard avait imputé l'échec du 2ème tour
de la présidentielle au manque d'enracinement et à
l'absence de relais sur le terrain du Front national. "Je
lui conseille de pratiquer cette politique dans la fédération
du Vaucluse dont il est le responsable et dans laquelle il n'a
fait aucun progrès dans ce domaine depuis au moins 20
ans" a déclaré monsieur Le Pen sur L.C.I.".
Jean-Marie
Le Pen semble ignorer que le Vaucluse lui donne les meilleurs
scores électoraux depuis plusieurs années déjà.
14 février
2003 - Dauphiné Libéré - Marine Le Pen
Marine Le Pen a déclaré : "Tout le monde
sait qu'il (le maire d'Orange) est passionné par le local.
A Annecy, il avait fait une intervention passionnante sur le
traitement des eaux usées".
Là encore, attaque sur l'homme, attaque méprisante.
20 mai
2004 - Libération - Samuel Maréchal
Monsieur Maréchal déclare, à propos de
Jacques Bompard, Bernard Antony et leurs amis : "Ces
gens-là doivent tout à Jean-Marie Le Pen. S'ils
faisaient une liste sans étiquette Front national, elle
ferait 0,4 %. Ils n'ont rien de commun sinon leur désir
de contestation. Ils mordent la main qui les nourrit".
23 mai
2004 - Libération - Jean-Marie Le Pen
Interrogé, le président du Front national ne répond
pas par des arguments politiques mais par une attaque ad hominem.
"Ce sont des prurits d'intérêts personnels
(
). Le Front national n'est pas une caisse de retraite".
23 mai
2004 - Libération - Louis Aliot
Le secrétaire général de l'association
Marine Le Pen déclare :
"Que Jacques Bompard et sa femme commencent à
reverser au Front national ce qu'ils lui doivent et par payer
leurs cotisations. Après, ils pourront venir nous donner
des leçons".
Comment un membre du Bureau politique peut-il dire cela
à un journaliste de Libération sans encourir un
rappel à l'ordre ? Comment ne se rend-il pas compte qu'en
colportant des mensonges, il ne fait pas de la politique et
dessert le mouvement national ?
Monsieur Aliot est poursuivi pour ce propos diffamant devant
les tribunaux.
1er juin
2004 - Le Monde - Jean-Marie Le Pen
Le Monde écrit : "Monsieur Le Pen a ensuite confié
aux journalistes le sentiment que lui inspiraient les récriminations
de ses détracteurs internes (
). Evoquant le cas
de Jacques Bompard, il s'est étonné de ses leçons
de militantisme alors qu'il n'a pas gagné 20 adhérents
dans son département de Vaucluse ?".
Outre que l'accusation est fausse, que penser d'un président
de parti qui dévoile au Monde que, dans le département
qui lui donne le plus de voix, son parti stagnerait en terme
d'adhérents ?
30 août
2004 - Le Monde - Marine Le Pen
La fille du président déclare : "Aucun
mouvement ne peut accepter une mise en cause personnelle, gratuite
et insultante de ses dirigeants".
Et elle ajoute : "Monsieur Bompard a la grosse tête.
Le problème, avec lui, c'est qu'il a tendance à
penser que les autres sont des cons".
Ces propos ont été repris dans d'autres médias.
Il s'agit, encore une fois, d'une attaque hors du champ politique.
3 septembre
2004 - le Figaro - Jean-Lin Lacapelle
Ce membre de Générations Le Pen livre sa pensée
politique à la presse en ces termes :
"Quand on a des responsabilités dans un parti,
on démissionne ou on ferme sa gueule".
Et il ajoute que, bientôt, il ne restera de "tout
cela qu'un jus d'orange bien pressé".
De toute évidence, monsieur La Capelle a le droit, lui, "d'ouvrir sa gueule" sans encourir les foudres
du Bureau exécutif.
4 septembre
2004 - Libération - Eric Iorio
Se permettant de commenter la décision du bureau exécutif
à l'encontre de Marie-France Stirbois et de Jacques Bompard,
Eric Iorio se confie à C. Forcari de Libération
en ces termes : "On ne peut pas se laisser indéfiniment
insulter par les cousins de province".
Les milliers
d'adhérents et de militants du Front national qui n'habitent
pas Saint-Cloud apprécieront. Ils sont des "cousins
de province"
Des "ploucs". |