Nicolas Sarkozy parle bien. Nicolas Sarkozy est un excellent candidat à une élection. Nicolas Sarkozy sait allier l'utilisation d'un vocabulaire de bon sens et l'énergie oratoire. Mais Nicolas Sarkozy n'est que cela : verbe et incantation. Comme ses prédécesseurs, il ne va pas à la racine des problèmes. Il ne se différencie d'un Chirac que par son habileté à masquer son incapacité à traiter réellement les dossiers et son sens de l'esquive médiatique.
Son discours de Toulon d'hier jeudi 25 septembre en est une nouvelle démonstration éclatante. Face à la crise américaine, devant le marasme économique français, Nicolas Sarkozy a fait la seule chose qu'il fait vraiment bien : un show médiatique. Il y a eu dans ce spectacle deux Nicolas Sarkozy. Le premier est celui de la campagne de 2007. Volontariste, dénonçant les errements, pointant les manquements. C'est le Nicolas Sarkozy qui dit, par exemple : "Le laisser faire, c'est fini !". Ce Nicolas Sarkozy est le clone de celui qui disait : "Vous en avez marre de la racaille ? Eh bien, on va vous en débarrasser".
Nicolas Sarkozy n'ayant rien fait dans les banlieues, on peut supposer que le « capitalisme financier » qu'il dénonce avec la bouche peut dormir tranquille.
Il ya donc eu ce Nicolas Sarkozy de la vitupération et de l'incantation. Et puis, il y a eu l'autre. Celui qui ne propose rien de concret, celui qui se garde bien de parler de ce qui fâche.
Rien de concret, c'est le Sarkozy qui dit : "Je n'accepterai pas des hausses d'impôts qui réduiraient le pouvoir d'achat des Français". C'est celui aussi qui prétend : "Le bonus malus écologie est un bon système qui sera étendu". On chercherait en vain dans ces déclarations contradictoires quoi que ce soit de nature à relancer la consommation ou à protéger notre économie. Au contraire !
Ne pas parler des sujets tabous, c'est le Sarkozy qui parle des finances de l'Etat mais ne dit mot du poids que l'immigration légale et illégale fait peser depuis des décennies sur notre économie et notre budget. Un poids colossal, parfois calculé à hauteur de 40 milliards d'euros annuels. Soit 18% des recettes de l'Etat ou l'équivalent de son déficit !
Pourtant, ces thèmes avaient été au coeur de l'entre-deux tours de la présidentielle du candidat Sarkozy. Il les a utilisés pour être élu. Il les renie depuis un an.
Pour conclure, on ne peut qu'être consterné par la faillite historique du système politique français et par les hommes qu'il porte tous les 5 ou 7 ans au pouvoir. Incapables de courage, complètement "dénationalisés" dans leur âme et dans leur esprit, ces « gouvernants » qui ne sont pas des hommes d'Etat mais des acteurs du cinéma politico-médiatique, nous entrainent dans un gouffre historique dont le fond n'est plus très loin. |